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Thierry Toniutti innove avec Ouatéco

A Saint-Geours-de-Maremne, le fabricant de ouate de cellulose va recycler des matières textiles issues de vêtements usagés pour isoler nos maisons. Bien vu !


Ouatéco poursuit, depuis sa création, une stratégie fondée sur l’économie circulaire et les circuits courts. La société produisait jusqu’ici de la ouate de cellulose à partir du papier collecté par les mairies, collectivités et associations.

Bientôt, elle produira un nouvel isolant pour la construction, grâce aux tonnes de vieux habits triés chaque année au village Emmaüs de Lescar.

Créée en 2009, Ouatéco est en train de fêter ses 10 ans de la plus belle des manières : avec un investissement de près de 2 millions d’euros (dont 450.000 sont financés par la Région), soit à peu près l’équivalent de son chiffre d’affaires 2018. L’idée de l’entreprise dirigée par Thierry Toniutti est d’acquérir de nouvelles machines de délissage et d’effilochage destinées à l’extraction des fibres textiles de vêtements usagés, et ce en vue de produire de nouveaux isolants thermiques dès la fin de l’année.


Cet investissement réjouissant devrait pousser Ouatéco à s’agrandir, tant en termes de surface de production qu’en nombre de salariés : la société en compte une dizaine et prévoit déjà 15 recrutements d’ici 5 ans. Elle travaille aujourd’hui avec les mairies, les collectivités et environ 250 associations assurant la collecte de la matière première cellulosique.

Son usine écologique de 2.200 m2, à l’ossature et au bardage de bois, est évidemment isolée selon la recette maison. Elle fabrique la fameuse ouate de cellulose à partir de journaux et de papiers krafts propres et secs, lesquels sont broyés, dépoussiérés et défibrés, tandis qu’un adjuvant permet de protéger le matériau obtenu contre le feu.

Et cerise sur le gâteau, on parle d’une production à l’impact carbone positif et d’une usine aux consommations énergétiques optimisées. La production électrique de sa toiture photovoltaïque (249kwh/m2 par an) excèderait ainsi les consommations de près de 20 kwh/m2 par an.


Privilégier le circuit court et l’emploi local…

Le fameux « isolant biosourcé » est ensuite utilisé dans la construction, que ce soit par insufflation dans les parois, par projection humide et séchage ou bien par soufflage (en surface, dans les combles). Le matériau présenterait les deux avantages d’une meilleure durabilité (plus de 50 ans, annonce Ouatéco) et d’une efficacité énergétique deux à 3 fois plus importante que la laine minérale traditionnellement utilisée, avec une économie de chauffage allant de 25 à 50% et des températures de 4 à 5 degrés inférieures en été.

Le nouvel investissement de l’entreprise intervient suite à des discussions avec le village Emmaüs de Lescar-Pau, qui serait en mesure de fournir tout ou partie des 8 à 10.000 tonnes de matières textiles qu’Ouatéco envisage de traiter chaque année.


Jusque-là, Emmaüs confiait ce recyclage à un acteur qui externalisait certaines opérations à l’étranger : l’association souhaitait privilégier l’emploi local et un modèle économique en circuit court. Elle assurera un tri préalable des vêtements éligibles, dont les boutons, fermetures éclair et autres accessoires devront être absents ou préalablement ôtés. Ce nouvel isolant à base de fibre textile permettra aussi aux murs de mieux respirer, et par conséquent de ne pas être attaqués par l’humidité.

Dit comme cela, l’idée paraît évidente, mais pour Ouatéco, elle impliquera aussi un gros effort de communication et de formation auprès des artisans et autres acteurs de la construction et de l’habitat, car à ces isolants de dernière génération correspondent aussi de nouvelles méthodes de travail. Enfin, on notera que cette belle entreprise éco-responsable commercialise également des bandes adhésives et une gamme de membranes pare-vapeur, aussi fabriquées dans les Landes.

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