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Safran Helicopter Engines et le turbopropulseur du futur

L’entreprise basée à Bordes et à Tarnos poursuit son développement, diversifie son offre et a lancé une centaine de recrutements cette année…


Photo : R. Bertrand

Le groupe ex-Turbomeca, leader mondial des turbines d’hélicoptères, vient d’annoncer la signature d’un accord avec deux entreprises allemandes en vue de la conception d’un futur turbopropulseur… pour drone.

Outre cette nouvelle coopération, l’entreprise est engagée dans plusieurs autres projets innovants. C’est décidément déjà demain du côté de Bordes et Tarnos…

Dans le petit monde de l’aéronautique européenne, il faut parfois s’efforcer de lire les communications entre les lignes. Le 23 septembre dernier, Safran Helicopter Engines signait ainsi un accord de coopération avec les allemands ZFL (ZF Luftfahrttechnik, filiale de l’équipementier ZF Friedrichshafen) et MT Propeller afin de concevoir un turbopropulseur de nouvelle génération « destiné à un futur drone européen ».


Traduction : il s’agit sans doute du futur « Eurodrone » MALE… ou de tout autre projet d’appareil européen qui pourrait lui succéder…

Car le drone européen imaginé par Airbus, Dassault et l’italien Leonardo ne paraît pas encore faire consensus entre les pays concernés. L’appareil est d’ores et déjà jugé trop gros et trop cher par un rapport du Sénat rendu public au début de l’été.

Sont pointées du doigt les spécifications souhaitées de l’autre côté du Rhin, où l’on voudrait un drone « bimoteur » pour faire sur place de la surveillance urbaine avec un risque minimal d’accident, tandis que la France envisagerait plutôt un appareil plus léger et adapté aux théâtres d’opérations, c’est-à-dire un peu plus proche des drones américains.


Safran investit le terrain des drones…

Le site de Tarnos

Si les derniers mois de l’année seront décisifs pour l’avenir de ce projet, Safran Helicopter Engines n’a pas attendu pour essayer de démontrer sa capacité à motoriser un engin de ce type. C’est qu’alors que le marché des hélicoptères s’est assez nettement contracté ces dernières années, les nouvelles générations d’aéronefs et les drones intéressent forcément de près l’entreprise.

Bien que la filiale de Safran, avec ses 2.500 clients dans 155 pays, ait bien réagi en étendant sa gamme de turbines et en rationnalisant son outil de production, elle se doit d’investir de nouveaux terrains de jeu. Elle l’a notamment fait dans le domaine des services en proposant à ses clients une offre reposant sur la maintenance prédictive.

Dans le contexte de ce nouveau partenariat, « MT-Propeller sera en charge de l’hélice et ZFL du réducteur d’hélice et du système d’entraînement des accessoires », explique Safran, qui proposera un dérivé de son moteur Ardiden 3, lequel développe une puissance de 1.700 à 2.000 shp (les « chevaux » d’un système de transmission) et « se caractérise par une architecture compacte, un des meilleurs rapports poids-puissance de sa catégorie et des coûts d’utilisation bas ».


L’ex-Turbomeca est d’ailleurs bien engagé dans cette voie, puisqu’en juin dernier, ont débuté à Tarnos les essais de Tech TP, un démonstrateur technologique (c’est-à-dire un système à mi-chemin entre le prototype et la présérie) de turbopropulseur développé sur la base dudit moteur Ardiden 3 dans le cadre du programme européen Clean Sky 2.

Avec le partenariat signé la semaine dernière, l’entreprise sera en mesure d’offrir « à l’industrie européenne un moteur 100 % européen, pouvant être utilisé sur un drone de nouvelle génération », a résumé Bruno Bellanger, directeur des programmes de Safran Helicopter Engines.


Une soixantaine de postes à pourvoir…

Le nouveau turbopropulseur proposera des consommations de carburant et des émissions de CO2 réduites de 15% par rapport aux moteurs actuellement en service. Il sera conçu pour des opérations à moyenne et haute altitude (« 45.000 pieds et plus ») et « simple à mettre en œuvre grâce à une manette des gaz interfacée avec le calculateur de régulation pilotant à la fois la puissance du moteur et le pas de l’hélice ».

Mais ce n’est pas là le seul projet en cours du côté de Bordes (siège, bureau d’études et fabrication) et de Tarnos (centre de support), principales implantations de Safran Helicopter Engines avec respectivement 2.500 et 1.500 de ses 5.600 employés.


On sait en effet depuis juin que l’entreprise fournira le système de propulsion du futur « EcoPulse », démonstrateur d’avion de 6 places à propulsion hybride développé avec Airbus et Daher. Le premier vol est prévu en 2022. D’ici la fin de l’année, « l’usine du futur » bordaise, inaugurée il y aura bientôt 10 ans, devrait aussi présenter un moteur à 30% conçu à partir de pièces imprimées en 3D.

Enfin, on rappelle que l’entreprise recrute, avec à la clé de belles opportunités de participer à ces aventures à la fois humaines et technologiques. Une soixantaine de postes sont encore à pourvoir sur son site web, dont une quinzaine à Bordes, une dizaine à Tarnos et presque autant à Toulouse.

Pour tout savoir sur le groupe béarno-landais, allez sur safran-helicopter-engines.com