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Rencontre avec Xavier Fortinon

Le président du Conseil départemental nous livre les principaux enjeux des prochains mois sur le territoire : solidarité augmentée, tourisme vital, et surtout mobilisation sans état d’âmes…


Le Mimizanais, Xavier Fortinon, a pris le relais d’Henri Emmanuelli décédé en mars 2017. Plus que jamais, il est convaincu du rôle essentiel des maires et des élus territoriaux dans tous les domaines. Notamment, pour répondre aux enjeux sociaux et pour être garants de l’équité territoriale. Il a livré à PresseLib’ sa vision de l’avenir après la période de confinement.


Comment voyez-vous les prochains mois ?
Xavier Fortinon – La crise sanitaire commande le reste. On mesure déjà à quel point elle impacte lourdement la vie économique et sociale. Le problème principal est que l’on manque encore de visibilité sur les conditions d’un retour à une vie « normale ». De chaque crise, il faut savoir tirer des enseignements. Un bilan s’imposera, mais en attendant nous devons tous nous battre ensemble pour accompagner ceux qui subissent le plus violemment la crise, à commencer par les personnes qui étaient déjà en difficulté avant.


Comment analysez-vous leur situation ?
X. F. – Les personnes les plus impactées par les conséquences du confinement sont celles qui vivaient déjà dans des conditions précaires. Le confinement a été violent pour elles et leur situation s’est aggravée. Elles ne doivent pas être oubliées par le gouvernement. Nous les connaissons bien, car 60% de l’action du Département est tournée vers le social, vers ceux qui sont aux minima sociaux comme vers les personnes en situation de handicap ou les seniors fragilisés. Nous leur devons une solidarité et elle doit être prioritaire, ici et dans tout le pays. Le gouvernement devra donner les moyens aux Conseils départementaux pour exercer pleinement cette solidarité.


L’un des grands défis est la relance du tourisme…
X. F. – Les Landes accueillent habituellement plus de 2 millions de touristes par an. Le Département est le 2e en France au niveau du taux de places de camping, il est aussi le premier pour le thermalisme. L’enjeu est majeur, mais nous manquons encore de visibilité. Comment va se dérouler la saison ? Quelle ampleur aura t-elle ? La clientèle sera probablement essentiellement française et régionale. Après le slogan « Restez chez vous », il nous faut en promouvoir un autre : « Partez chez nous ! ».


Quel est l’état d’esprit des acteurs du tourisme ?
X. F. – Le flou n’a pas été de nature à permettre de prendre des décisions offensives ces dernières semaines, au point que les principaux opérateurs se demandaient s’ils allaient ouvrir cet été. Ils vont devoir rendre des arbitrages rapidement. Tous les acteurs sont très volontaires, mais ouvrir un camping, un établissement, nécessite une longue préparation. De plus, les contraintes qui sont imposées rendent difficile la rentabilité nécessaire. Il faut savoir aussi que 20.000 emplois saisonniers sont encore dans l’incertitude. Pour eux, comme pour les petites communes l’été conditionne leur vie économique et sociale pour toute l’année.


Dans l’attente, que faire ?
X. F. – Il faut soutenir la multitude de petites entreprises de la filière tourisme qui sont complètement à l’arrêt. C’est en cours avec les fonds de solidarité. Il faut aussi être créatif pour doper la demande dès que l’ouverture sera effective. C’est ainsi que nous avons proposé avec la Région, d’autres départements et des parlementaires la création d’un chèque « bol d’air » pour inciter les gens à anticiper une consommation dans les restaurants, cafés, hôtels, campings…


Comment agissez-vous avec les autres institutions ?
X. F. – Tout le monde tire dans le même sens sans se poser de question. Nous travaillons notamment en étroite collaboration avec les cellules de crise des chambres consulaires ainsi qu’avec les services de l’Etat, la Région Nouvelle Aquitaine et l’Association des maires. Beaucoup de très petites entreprises sont en danger, comme le sont des créateurs ou des repreneurs d’entreprise. Notre priorité est de les soutenir et de se projeter vers l’avenir.


D’autres secteurs sont aussi en difficulté ?
X. F. – Bien sûr. La filière du canard gras souffre à nouveau, après avoir subi deux crises aviaires. La fermeture des restaurants l’a privé d’une partie de ses ventes de foie gras. Les négociations avec la grande distribution sont difficiles et le stockage devient très problématique. Nous devons être très attentif avec ce secteur. N’oublions pas que les Landes sont le premier producteur français. Quant à l’aéronautique, elle a basculé dans l’incertitude alors qu’elle était dans une phase de développement exceptionnelle. Nous avons des entreprises très importantes comme Safran, Potez… qui vont devoir redéfinir leur stratégie.


Donc, c’est la mobilisation générale…
X. F. – Oui. Le défi à relever est immense. Il ne faut pas oublier la nécessité d’une meilleure prise en compte de l’environnement. L’impact de cette crise sera énorme à court-terme et les collectivités territoriales vont avoir besoin d’être soutenues par l’Etat pour pouvoir assurer l’accompagnement indispensable sur le terrain. Mais j’insiste, la priorité doit être aussi de venir en aide immédiatement aux personnes et aux familles