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Le thermalisme ne veut pas être oublié

Ils feront sans doute partie des derniers à rouvrir : les établissements thermaux nagent actuellement en eaux troubles. Ils espèrent pour la plupart une reprise des cures mi-juillet…


Depuis bientôt deux mois et à l’image des hôtels et restaurants, les centres thermaux sont fermés. Un courrier cosigné par une vingtaine de députés a été expédié par les acteurs du secteur à Édouard Philippe afin d’alerter sur leur situation.

Alors que l’arrivée du printemps rime habituellement avec celle des curistes dans les centres thermaux, cela fait presque deux mois que ces derniers ont fermé boutique à cause du coronavirus. Et aux dernières nouvelles, ils manquaient encore trop de visibilité pour parler de réouverture avec certitude.

Pour autant, tous caressent l’espoir de voir leur saison 2020 commencer pendant l’été : « Si votre cure débute le 13 juillet ou plus tard, nous faisons la projection optimiste, pour le moment, que les établissements thermaux pourront réouvrir d’ici là », explique ainsi la Chaîne Thermale du Soleil, dont 4 des 20 stations sont situées sur le bassin de l’Adour (Barbotan-les-Thermes dans le Gers, Cambo-les-Bains en Pays basque, Eugénie-les-Bains et Préchacq-les-Bains dans les Landes).


Aujourd’hui, la plupart des établissements espère une reprise des cures à partir du 11 juillet prochain, et le plus souvent à cette date du 13… si tout va bien.

En attendant, l’activité est à l’arrêt et l’on commence à en mesurer les conséquences, les centres thermaux étant souvent des agents économiques très importants dans leur secteur géographique. À Dax et à Saint-Paul, qui constituent la première destination thermale de France, le constat se vérifie très clairement.

Avec plus de 60.000 curistes reçus chaque année dans 17 centres employant directement plus de 800 personnes, le thermalisme dacquois est un poumon de l’économie locale : chaque curiste injecterait en moyenne 2.400 euros dans celle-ci.


Toutes les stations sont touchées…

Elizabeth Bonjean, maire de Dax, a récemment estimé que la cité thermale perdrait 30.000 curistes et 15.000 accompagnants sur le premier semestre, avec non seulement des conséquences pour les établissements eux-mêmes, mais aussi pour les commerces, les hôtels et les restaurants, qui quand ils rouvriront devront certainement attendre encore l’arrivée des curistes. Dur dur, surtout lorsqu’on sait que l’annulation de la féria de Dax plombera le second semestre, avec environ 800.000 visiteurs en moins.

Sur l’ensemble des Landes, les 2.000 salariés dépendants du secteur thermal seraient pour l’essentiel au chômage technique, ce qui représentait mi-avril plus d’un million d’heures de travail perdues à rémunérer. Toujours mi-avril, Arnaud Laborde, président du syndicat des établissements thermaux des Landes et directeur des thermes de Saubusse, espérait que le secteur tiendrait tant que suivraient les aides de l’État, mais déplorait une absence de réaction des assureurs, alors que le risque épidémique serait couvert par les contrats.


On rappelle que les 19 établissements landais accueillent 70.000 curistes par an. Et bien entendu, toutes les autres stations de l’Adour sont concernées. On peut citer le cas de Capvern, où l’activité thermale est cruciale pour les restaurants, hôtels et commerces, mais aussi pour l’artisanat, les professions libérales ou encore le casino. À Cambo-les-Bains, on avait déjà annulé ou repoussé 14.000 réservations à la date du 15 avril, et l’on recensait 120 salariés en chômage partiel, et seulement une dizaine au travail pour gérer le volet administratif. En 2015, une étude d’impact avait montré que plus de 750 emplois et 65 millions d’euros de rentrées d’argent dépendaient indirectement de l’activité thermale.

Bref, aucune station n’échappe à la crise, et il faut souhaiter à toutes que leur saison puisse commencer cet été, ce qui passera sans doute par un fort recul du virus, les mesures sanitaires n’étant pas une mince affaire en centre thermal, où l’on accueille des patients souvent âgés et vulnérables.