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Le soustonnais Eurobulbe prend racine aux Pays-Bas

Si la Hollande est l’autre pays du fromage, les Landes pourraient bien se muer en autre pays de la tulipe. La preuve avec le florissant commerce de cette entreprise…


Grand artisan de la fête de la tulipe de Soustons, Eurobulbe profite du climat et du sol sablonneux des Landes, où les bulbes de tulipe croissent plus vite et précocement qu’au pays des moulins. Et surfe sur la croissance du marché hollandais de la floriculture.

La petite entreprise familiale d’Alain Vendryes et de son fils Barthélémy (qui la dirige désormais), créée en 1988, ne connaît pas la crise. Tout au contraire, son chiffre d’affaires, plus de 820.000 euros l’an dernier, est en progression de plus de 10%. Avec des bénéfices en hausse… de 37%, qui pourraient notamment s’expliquer par les économies d’échelle liées à une demande soutenue, laquelle croît aussi vite… que les tulipes en terre landaise.

Sur les 25 hectares de plantation d’Eurobulbe, situés entre Herm et Magescq, on pouvait justement en voir de toutes les couleurs il y a quelques semaines. Car c’est bien la saison de la tulipe des Landes, qui a d’ailleurs eu droit à la 25ème édition de sa fête soustonnaise les 6 et 7 avril derniers, événement réunissant chaque année une dizaine de milliers de visiteurs et des centaines de milliers de fleurs.


Un marché horticole dynamique…

Mais si la tulipe s’affiche en cette saison dans ses beaux habits colorés, dans les champs puis sur des chars de fête, c’est bien sous terre que fleurit le commerce de l’entreprise, qui exporte les bulbes d’une vingtaine de variétés vers sa trentaine de clients néerlandais. Avant cela, il aura fallu semer en novembre, faucher dans la foulée de la floraison (qui a lieu fin mars, l’arrachage étant réalisé à la machine, puis à la main avec l’appui d’une quinzaine de saisonniers), et encore laisser bourgeonner et grossir lesdits bulbes jusqu’en juin. Suivent alors la récolte et l’expédition en température dirigée aux Pays-Bas, où les bulbes fleuriront « pour de vrai » quelques temps plus tard, puis serviront le marché des fleurs coupées.


Ce marché batave est évidemment important, et si l’on n’a pas besoin de rappeler que les Pays-Bas sont aujourd’hui le premier producteur mondial de tulipes, on peut tout de même ajouter qu’à partir de ce pays, les exportations de fleurs et de plantes en général avaient explosé les compteurs en 2017, atteignant le cap des 6 milliards d’euros. Et aux dernières nouvelles, il ne semble pas que cette tendance haussière se soit démentie l’an dernier, en dépit de quelques facteurs de ralentissement.

Eurobulbe peut donc surfer tranquillement sur la nouvelle « tulipomanie » néerlandaise, qui semble heureusement présenter moins de danger que celle du XVIIe siècle, fondée sur une célèbre « hystérie spéculative » qui a fourni un fameux cas d’école aux économistes, en forme de précédent historique aux crises telles que celle des subprimes. La fleur et son bulbe se vendraient entre 25 et 30 centimes, et non plus pour plusieurs années du salaire annuel d’un artisan… Le bulbe, mais pas la bulle, donc !


Théoriquement, ce commerce de bulbes à fleurs pourrait même s’étendre aux jacinthes, aux muscaris ou aux fritillaires. Mais chez Eurobulbe, ce sont les narcisses qui tiendraient la corde en vue d’une prochaine diversification…