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La santé, le dirigeant et l’entreprise à la Une

A Dax, le Medef Landes a ouvert ce débat d’actualité – Christian Laffont le patron d’Action Sécurité apporte un témoignage fort…


SANTE DIRIGEANT AFFICHENon, çà n’arrive pas qu’aux autres. Un accident ou une maladie peuvent faire basculer brutalement la vie d’un dirigeant, mais aussi celle de son entreprise. Les patrons des TPE et des PME sont particulièrement exposés, avec des équipes réduites et bien peu de marge de manoeuvre en cas de coup dur.

La soirée débat organisée par le Medef Landes, le 31 mai dernier à Dax, a apporté des éclairages pertinents sur la manière d’appréhender cette problématique, d’une part en se dotant des bonnes protections afin d’anticiper un pépin éventuel, d’autre part en essayant de limiter les risques.


MEDEF SOIREE TORRESLa brillante intervention de l’universitaire Olivier Torrès, fondateur du premier observatoire de la santé du dirigeant, Amarok, a répandu une bonne dose d’optimisme malgré ce thème sensible.

PMiste convaincu, il a parfaitement relayé l’introduction de Jean-Louis Broitman, président du Medef Landes, qui a souligné la nécessité de mieux faire connaître le rôle essentiel et positif joué par le réseau des petites entreprises sur nos territoires.


 

MEDEF SOIREE TORRES 2Une formidable énergie qu’il faut encourager !

Si le quotidien des dirigeants de PME, commerçants indépendants, professions libérales et artisans, comporte de nombreux facteurs de risque pour leur santé (stress, solitude, surcharge de travail et incertitude), leur passion et leur volonté d’aller toujours de l’avant apportent une compensation salvatrice. C’est la conviction d’Olivier Torrès.


 

Christian Laffont témoigne…

ACTION SECURITE LAFFONTLe patron d’Action Sécurité a accepté d’apporter un témoignage fort après la terrible épreuve qui  vient de le frapper.  Interview…

Vous avez été victime d’un grave accident de la route
Christian Laffont – Oui, le 7 octobre 2014, très précisément. J’étais en scooter, je portais mon épouse et nous revenions de Bayonne lorsqu’un véhicule, qui n’a pas respecté la priorité, nous a fauchés. Mon épouse a été projetée sur la chaussée, à 10 mètres au moins de l’impact. Allongée sur le bitume, elle est restée inconsciente jusqu’à l’hôpital. Résultat, une fracture du coude et une grosse entorse à la cheville : un véritable miracle. Quant à moi, j’étais coincé entre le scooter et le véhicule. Je suis resté conscient jusqu’à ce que le médecin du SAMU m’anesthésie directement sur la chaussée. Pendant 2 jours, je n’ai pas fait surface. J’étais en soin intensif. En revanche, au 3ème jour, on m’a amené dans ma chambre et j’ai eu ma première rencontre avec le chirurgien.  L’état des lieux : fracture ouverte du fémur droit avec perte osseuse sur la route, genou droit explosé, hanche gauche brisée, six côtes cassées, un poignet cassé.


MEDEF SOIREE 3Comment avez-vous réagi ?
Ch. L. – Quand il m’a décrit les dégâts, ma première réaction a surpris le médecin : « Très bien, très intéressant… est-ce que je pourrai reprendre mon travail rapidement ? ». Il m’a répondu : « Je crois que vous ne m’avez pas bien compris. Vous avez eu un accident grave de la circulation ». Rajoutant : « Vous êtes bloqué pendant 2 mois sans bouger à l’hôpital, puis 3 mois de rééducation hospitalière, etc. En fait, vous avez un arrêt de travail de 18 mois ». Nous avons alors informé de la situation tous les employés et tous les clients, pour tenter de les rassurer. Avant de prendre des mesures d’urgence.


ACTION SECURITE 3C’est-à-dire ?
Ch. L. – J’ai organisé des réunions dans ma chambre à l’hôpital pour faire face et prendre les bonnes décisions : la nomination d’un directeur ; la formation de certains personnels, pour prendre en main des tâches plus complexes ; et l’achat d’un ordinateur portable avec  Skype,  pour que je puisse continuer à échanger avec l’équipe. Nous employons 45 personnes, dont 3 au service administratif, avec des chefs de service, des chefs de poste et des agents. Je dois saluer l’implication des piliers de l’entreprise pour traverser au mieux ces moments difficiles, mais aussi les clients qui se sont montrés particulièrement solidaires.


ACTION SECURITE LOGOPouvez-vous nous dire quelles ont été les conséquences financières pour vous ?
Ch. L. – J’avais souscrit une assurance complémentaire en cas d’invalidité, en plus des cotisations au RSI. Ce dernier n’a rien couvert du tout. Le Régime social des indépendants a considéré que le statut de mon entreprise individuelle correspondant à une activité libérale. C’est révoltant ! L’assurance complémentaire ma versé environ 1000 € pendant un an, puis plus rien. Quant à l’assurance du scooter, elle m’a fait un premier chèque qui m’a servi à équiper en partie mon habitation, puisque je suis resté 6 mois en fauteuil roulant. Puis plus aucun versement, car c’est l’assurance du tiers qui devait prendre le relais. Et là, rien de rien.


B40 LAFFONT
Christian Laffont et Bruno Lasaosa avec les intervenants de la soirée

Et pour l’entreprise ?
Ch. L. – Depuis mon accident pas 1 centime a été versé à l’entreprise. Les frais considérables engagés pour garantir la continuité de l’activité n’ont toujours pas été pris en charge par l’assureur.  Nous allons d’expertise financière en expertise financière. C’est l’entreprise qui doit avancer les frais et donc supporter toutes ces charges. En fait, tant que ma jambe n’est pas complètement consolidée, difficile d’espérer quoi que ce soit. De leur côté, les banquiers se défaussent et vous préviennent que les assurances qu’ils vous ont obligés à souscrire lors des prêts bancaires sont des assurances qui n’ont aucun lien avec leurs agences bancaires. En fait, ils vendent des produits annexes, mais débrouillez vous lorsqu’il se passe quelque chose. Nous avons contacté ces fameuses assurances dont les sièges sont à Paris, Bruxelles où je ne sais où. Dossiers médicaux sur dossiers médicaux, puis carence de 3 à 6 mois avant que vous soyez pris en charge. Tout est fait pour vous décourager et gare s’il vous manque un document. L’augmentation importante des charges et l’absence d’aide de l’assurance tiers ont eu pour conséquence de faire vivre à l’entreprise une année économique plutôt difficile.


ACTION SECURITETout cela a du être difficile à vivre…
Ch. L. – Très difficile. Les premiers temps de mon hospitalisation, je n’ai cessé de pleurer : pleurer de ne plus bouger, de ne pas pouvoir travailler, de me sentir autant diminué. Heureusement, j’ai été aidé par une psychologue et surtout par mon entourage : la famille et les amis qui ont été précieux pour moi. Les premiers mois de rééducation ont très compliqués et surtout très douloureux. Il me fallait tout simplement réapprendre à marcher ! L’absence d’aide financière de l’assurance du tiers vous mine. Enfin, ne plus pouvoir exercer son cœur de métier, c’est-à-dire ne plus être sur le terrain : ça manque terriblement !

Et maintenant ?
Ch. L. – Aujourd’hui, plus que jamais, tous ceux qui composent l’entreprise se battent et luttent pour la faire progresser, et les résultats sont très satisfaisants. La flamme du chef d’entreprise  ne s’éteint pas, elle m’anime tout le temps et me donne l’envie d’avoir envie.


medef landes logoParticipaient également au débat : le Docteur Michel Delest, médecin expert auprès des assurances, Me Odile Oboeuf, avocate, François Delbecq, expert-comptable, et Pierre-Yves Bermudes, assureur en prévoyance.

Les partenaires de la soirée : CCI des Landes, Mutuelle Prévifrance, Action Sécurité, Darmendrail Automobiles, Euro 4×4 part.com, Plancha Tonio, Intersport Groupe Lasaosa, Julie Martet Graphiste, Aceos, Banque Courtois, SIRIA Consultants, Domaine Thermal de Borda, Atlantic Premium VTC , Asfo Adour, Groupe Qualiconsult, L’Arena du Vieux Port.

5 commentaires à propos de “La santé, le dirigeant et l’entreprise à la Une”

  1. Très intéressant témoignage qui reflète bien le dur métier de patron, contrairement à ce qu’on dit

  2. Et dire qu’il y en a qui pensent que les patrons sont des gens qui ne pensent qu’à s’en mettre plein les poches. Nous les « petits » patrons on a des vies de fou, mais on est surtout passionnés par l’envie d’entreprendre, de créer, d’avancer

  3. On ne parle pas assez du mérite des chefs d’entreprise dans les TPE. Il y a tellement de risques, tellement de nuits blanches… et comme cela a été dit pendant la soirée, si on ramène leur rémunération au temps passé, ils ne gagnent même par le smic

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