Ils sont partenaires de Business Landes
  • Asfo partenaire de Business Landes
  • CCI Landes partenaire de Business Landes
  • Action Sécurité partenaire de Business Landes
Publié le

Entreprises adaptées – Du sens et une formidable agilité

A l’occasion du lancement de l’Inclusive Tour, rencontre avec le Landais Cyril Gayssot, président de l’Union nationale et président de FMS à Saint Geours-de-Maremne…


Non, l’entreprise adaptée ne correspond plus du tout aux schémas trop souvent véhiculés. Elle fait preuve aujourd’hui d’une incroyable modernité sur le plan humain, avec une capacité d’évolution permanente que beaucoup d’autres sociétés peuvent envier, tout en proposant un modèle économique pertinent.

Questions à Cyril Gayssot, président de l’Union nationale des entreprises adaptées.

 


L’enjeu de cet Inclusive Tour ?
Cyril Gayssot – L’emploi des personnes en situation de handicap, évidemment. Réussir l’immense défi de créer 40.000 emplois nouveaux d’ici 2022. Pour cela, il faut aller dans les territoires à la rencontre des chefs d’entreprise. 80% de nos recettes viennent des clients, il nous faut donc tout simplement créer du client. Nous comptons aussi convaincre des grands groupes de s’engager avec nous dans ce défi. Comme le fait Safran, qui signera la charte jeudi et qui a décidé d’aller très au-delà de ses obligations et des 6% de postes à réserver aux « travailleurs handicapés ». Dans une période où l’industrie a du mal à recruter, les entreprises adaptées peuvent apporter de nouvelles perspectives. Et en plus, elles participent au renforcement de valeurs sociales fortes sur le territoire.


Justement, la proximité semble essentielle pour vous…
C. G. – Absolument. Depuis toujours, l’entreprise adaptée se développe par et pour les territoires. Ce n’est pas un poncif, c’est plus que jamais une réalité. Par exemple, l’entreprise adaptée doit être très accessible ; elle a donc besoin du territoire pour faciliter les déplacements, les mobilités. De son côté, le territoire vient vers l’entreprise adaptée pour lui demander si travailler sur tel ou tel sujet pour elle a du sens. Et souvent, cette dernière apportera une réponse positive car elle n’a pas peur de prendre des risques, parce qu’elle sait se renouveler et s’adapter par nature.


On parle de plus en plus de société inclusive. Votre avis ?
C. G. – Les entreprises adaptées peuvent être qualifiées d’inclusives parce qu’elles savent apporter les accommodements et les ajustements nécessaires face à un environnement truffé d’obstacles pour les personnes en situation de handicap ; elles savent apporter des solutions concrètes pour leurs salariés. L’entreprise adaptée ajuste, accommode, et adapte, non pas pour enclaver, mais pour ne laisser personne sur le bord de la route. Au-delà de nos entreprises adaptées, nous devons être le fer de lance pour co-construire la société inclusive de demain.


C’est un très beau challenge…
C. G. – Oui. Nous avons un rôle majeur à jouer. D’abord, parce que nous avons appris à donner du sens à la relation humaine, au quotidien, dans toute la diversité des personnes et dans la richesse de leurs différences. Avec non par une recherche d’égalité, mais un souci d’équité. Ensuite, parce que les entreprises adaptées ont une capacité extraordinaire à générer une force vitale permettant d’accéder à la réalisation de ses rêves. Si la société exclusive tournée vers les sachants, la société inclusive est largement ouverte à tous les apprenants. Elle est ainsi plus à même d’évoluer dans un monde qui bouge toujours plus vite. Et quand le monde bouge, il faut changer pour conserver son identité. C’est ce que savent faire les entreprises adaptées grâce à leur agilité.


Les obstacles restent pourtant nombreux ?
C. G. – Bien entendu, mais les entreprises adaptées vivent depuis longtemps dans une culture de flexibilité et d’accommodement qui peut s’appuyer sur la diversité des métiers exercés en interne. En moyenne, elles ont ainsi développé plus de 3 activités différentes et complémentaires. Lorsque l’on crée une deuxième activité, c’est parce qu’on s’est rendu compte que la première manquait de possibilité d’ajustement. Puis, l’entreprise adaptée va en lancer une troisième pour apporter la pluralité de métiers indispensable pour répondre aux besoins singuliers des travailleurs en situation de handicap et à leurs évolutions personnelles.


Les entreprises adaptées ne sont pas ordinaires ?
C. G. – Effectivement, elles ne sont pas ordinaires par leur identité et leur état d’esprit. Mais, elles sont tout à fait ordinaires par leur professionnalisme et leur statut. Les entreprises adaptées évoluent dans un marché pleinement concurrentiel, elles répondent aux exigences de droit commun comme toutes les autres, elles assurent la reconnaissance citoyenne de tous les salariés. Les entreprises adaptées ne sont pas extraordinaires, même si elles agissent comme un laboratoire d’innovation sociale par le travail pour 34.229 personnes en situation de handicap. Et surtout, elles apportent une perspective à plus de 100.000 personnes en situation de handicap pour accéder au milieu ordinaire du travail.


Didier Gadou viendra clôturer la journée. Pourquoi ?
C. G. – L’Elan Béarnais vient au soutien des entreprises adaptées dans leur optique inclusive pour relever ensemble le défi de l’emploi des personnes en situation de handicap. So directeur exécutif, Didier Gadou, grand joueur par la taille, par la compétence, par son leadership, par sa magnanimité et son élégance, viendra exhorter les entrepreneurs sociaux à oser entreprendre et à se dépasser…. Comme des sportifs de haut niveau, les salariés des entreprises adaptés peuvent apprendre à se dépasser, notamment par la résilience collective.

Informations sur les Entreprises Adaptées et sur l’Inclusive Tour, cliquez ici