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Bayer Monsanto se repositionne, notamment à Peyrehorade

L’agrochimiste allemand est en pleine « opération reconquête ». Une stratégie qui passera par la promotion du travail de sites comme celui des Landes…


Depuis le rachat de Monsanto, en juin 2018, l’agrochimiste allemand Bayer traverse une zone de turbulences et connaît d’assez sérieux déboires. Mais il ne semble pas avoir dit son dernier mot.

Que diable est-il allé faire dans cette galère ? Telle est la question que ne cessent de se poser les médias français à propos du groupe pharmaceutique et agrochimique allemand Bayer, qui on le sait a fait l’acquisition l’an dernier du très controversé semencier américain Monsanto. Depuis, le géant d’Outre-Rhin aux 39,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires essuie les plâtres et les pluies de critiques venues de toutes parts.


Procès américains en lien avec le fameux Roundup et le glyphosate (avec plus de 13.000 plaintes enregistrées et des condamnations appelées à se chiffrer en milliards de dollars), scandale récent du fichage de centaines de personnalités en fonction de leurs positions sur les pesticides et les OGM, dégradation accélérée du cours de bourse et capitalisation historiquement basse : on peut dire que l’association Bayer Monsanto collectionne les peaux de bananes. Et il n’est pas certain que sa stratégie de communication l’ait beaucoup aidé dans la tempête. Jusqu’à récemment…


Du long chemin de croix…

Le site landais de Peyrehorade n’a pas échappé à cette vindicte médiatique et populaire. En amont du G7 biarrot, on se souvient qu’une centaine de personnes y avaient déversé du foin et organisé un blocage. Une marche contre Monsanto était déjà partie de Peyrehorade en mai dernier. Tout récemment, Mediapart narrait encore un nouvel épisode des mésaventures de cet apiculteur landais voisinant avec le champ de maïs expérimental d’un agriculteur partenaire de Monsanto.


Quoiqu’il relève du domaine des semences et non de celui de la production de produits phytosanitaires, ce site de Peyrehorade était critiqué par certains élus EELV pour sa production de graines enrobées de produits phytosanitaires (ici censés aider la plante à assurer son délicat début de croissance et limiter un usage ultérieur desdits produits).

Au milieu de toutes ces difficultés, tant locales que globales, le groupe allemand semble avoir amorcé un changement de cap en juin dernier. Il a d’abord annoncé qu’il investirait 5 milliards d’euros pour développer de nouveaux herbicides et pour réduire son impact environnemental de 30% à l’horizon 2030.


En parallèle, sa stratégie de communication paraît évoluer. Le groupe fait amende honorable : « Nous avons écouté, nous avons appris », affirmait-il en amont de sa récente campagne. Les plus farouches opposants à Monsanto ne manqueront pas de continuer à taxer l’entreprise de mauvaise foi. Il n’en demeure pas moins que dans l’adversité actuelle, elle a nécessairement dû comprendre où était son intérêt : le glyphosate n’étant manifestement plus une solution d’avenir, elle ne peut plus avoir pour objectif que la préparation d’une transition vers des solutions plus propres et naturelles. Sous peine de voir sa descente aux enfers se poursuivre…


…vers la résurrection ?

Là-dessus, le site semencier de Peyrehorade et sa soixantaine d’agriculteurs partenaires pourraient être l’une des planches de salut du groupe. Ce site d’une dizaine d’hectares a 3 fonctions : la recherche (avec un centre de sélection des variétés de semences), la production de semences (maïs et colza, hybrides mais non-OGM) et le contrôle qualité.

Créé en 1968, il fut d’abord la propriété de Cargill. Puis Monsanto l’a racheté en 1998. Aujourd’hui dirigé par Laurent Deroo, il emploie 150 salariés dans une trentaine de métiers différents.


En 2013, Monsanto avait lancé un gros investissement pour doubler la capacité de production de ce site. Avaient par la suite été livrés trois bâtiments de déchargement du maïs, d’effeuillage (sur 3 niveaux) et d’égrenage (reliés par des convoyeurs), plusieurs séchoirs, des silos de stockage ainsi qu’une chaudière biomasse alimentée par les rafles de maïs et produisant la chaleur nécessaire aux opérations de séchage.

C’est pour les activités de ce genre de site que Bayer explique qu’il a racheté Monsanto, dont le nom devrait progressivement disparaître des tablettes. L’an dernier, ce site de Peyrehorade, qui serait en mesure d’exploiter le produit de 4.500 hectares de cultures, a vu son laboratoire de tri s’étendre.


Plus récemment, Bayer semble avoir marqué sa volonté d’y développer les biostimulants. Organiques, inorganiques ou microbiens, ces biostimulants naturels seront peut-être appelés à supplanter demain les produits phytosanitaires classiques, ici dans le cadre de l’enrobage des semences. Un nouvel investissement dans une cabine spéciale a été réalisé cette année dans ce sens. L’alternative ne peut qu’être prise au sérieux.

En parallèle, le site, comme les 7 autres que comptait le futur-ex-Monsanto en France, participe à la digitalisation du groupe, laquelle consistera notamment en une cartographie ultra-précise des champs et parcelles exploitées, ainsi que par une meilleure remontée des données.


Objectif : s’orienter vers ce que la direction du site nomme « une agriculture de précision ». Bayer, qui se dit engagé sur le chemin de la transparence et d’un dialogue plus sain et constructif avec toutes les parties prenantes, semble avoir compris qu’il fallait mettre le paquet pour rassurer et s’améliorer.

Du côté de Peyrehorade, les agriculteurs, eux, déclarent y travailler au quotidien.

Plus d’informations sur le site bayer-agri.fr