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Avec Europlasma, les déchets deviennent combustibles

L’entreprise basée à Morcenx compte s’imposer comme un acteur majeur de la dépollution de déchets dangereux et de la décarbonation de l’industrie dans des conditions vertueuses…


Le groupe landais a annoncé la signature d’un contrat pluriannuel de 4,5 millions d’euros sur 5 ans. Une bonne nouvelle qui vient valider la réorientation de ses activités

Après un passage par la case redressement en 2019, la société Europlasma avait été sauvée par un nouvel actionnaire. Depuis, 5 millions ont été investis dans son usine de Morcenx, spécialisée dans la vitrification des déchets amiantés.

Le 18 septembre dernier, après bien des péripéties, rouvrait à Morcenx l’usine du groupe Europlasma, ressuscité par le fonds luxembourgeois Zigi Capital au bout de la procédure de redressement judiciaire initiée en janvier 2019.


En effet, l’entreprise n’a pas réussi à rentabiliser sa technologie de vitrification des déchets d’amiante par torche à plasma (activité de la filiale Inertam), tandis que son investissement dans la production d’électricité par gazéification de déchets portés à très haute température (activité de CHO Power lancée à Morcenx en 2014) a lui aussi contribué à plomber les comptes. Avant la réouverture de Morcenx, 5 millions d’euros ont été investis sur place pour augmenter la capacité de traitement des déchets amiantés.

Forte de sa nouvelle assise, l’entreprise a dévoilé dans la foulée, en novembre, un nouveau plan stratégique pour Morcenx. Celui-ci prévoit le démantèlement partiel de l’usine de gazéification : suite à un audit, l’investissement nécessaire pour la rentabiliser, 30 millions d’euros, a été jugé trop élevé et n’offrait aucune garantie de succès.

Pour compenser, la société souhaite se réorienter dans la préparation de CSR (combustibles solides de récupération) à partir de déchets d’activité économique (DAE), une reconversion en phase avec l’expertise de ses équipes. Elle prévoit en outre d’installer une centrale photovoltaïque sur son site. D’une capacité de 5 MW, celle-ci doit permettre d’assurer les consommations énergétiques associées à Inertam.


Un redressement en bonne voie…

Ce plan stratégique vient d’être validé par la signature d’un premier contrat avec une « référence de l’industrie de la valorisation du déchet » dont le nom n’a pas encore été dévoilé. Ce client-mystère fournira « plusieurs dizaines de milliers de tonnes » de DAE jusqu’ici enfouis, et le site de Morcenx les convertira. Cela doit lui rapporter un minimum de 4,5 millions d’euros sur 5 ans.

« La capacité actuellement autorisée de 55.000 tonnes traitées par an sur le site de CHO Morcenx permettra d’absorber confortablement ces volumes. Le montant total du contrat pourrait être revu à la hausse en fonction du volume de déchets reçus de l’industriel », précise Europlasma. L’entreprise ajoute en effet que ladite capacité « pourrait atteindre les 85.000 tonnes par an après autorisation des autorités compétentes ».


Les futurs utilisateurs de ces combustibles seront des industriels à l’activité particulièrement énergivores tels que cimentiers, céramistes et utilisateurs de chaudières à haut pouvoir calorifique.

Pour Jérôme Garnache, PDG de l’entreprise, ce contrat « ancre son double positionnement en étant à la fois acteur de la dépollution des déchets dangereux et de la décarbonation de l’industrie dans des conditions vertueuses. C’est toutefois une étape puisque nous avons l’ambition de doubler notre production avant la fin de l’année », expose-t-il. L’annonce de ce contrat a fait grimper le cours de l’action, qui a chuté de 99% depuis son dernier pic, en 2014.

Sur le plan financier, l’entreprise a aussi annoncé jeudi dernier être arrivée au terme des opérations associées à son programme de désendettement. « Ce programme d’un montant total de 30 millions d’euros maintenant achevé, avait été mis en place afin d’assurer l’exécution du plan de redressement par voie de continuation arrêté le 2 août 2019 par le Tribunal de Commerce de Mont-de-Marsan », résume la société, qui a pu effacer 95% de sa dette, soit 21 millions d’euros. En outre, le démantèlement de l’usine CHO Power (filiale dont Europlasma détient désormais 100%) devrait rapporter 7 millions à Europlasma, grâce à la revente d’équipements.


De quoi repartir du bon pied !

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